Le sénateur Célestin Vunabandi hausse le ton face à la gestion des finances publiques en République démocratique du Congo. Dans une démarche parlementaire à forte portée politique et économique, l’élu a officiellement saisi le Sénat afin d’interpeller le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi sur deux dossiers sensibles : les rétrocessions dues aux provinces et la gestion des biens zaïrianisés.
Au cœur des préoccupations du sénateur, figurent les fonds provinciaux qui, selon lui, ne seraient pas versés conformément aux dispositions de la Constitution. Une situation qui fragilise davantage les provinces confrontées à d’énormes défis de développement, notamment dans les secteurs des infrastructures, de l’éducation, de la santé et de la sécurité. Pour Célestin Vunabandi, le respect du principe de rétrocession constitue un impératif légal mais aussi une condition essentielle pour garantir l’autonomie financière des entités provinciales.
L’élu met également en lumière la problématique persistante des biens zaïrianisés, considérés comme un patrimoine économique stratégique de l’État congolais. Plusieurs de ces biens, hérités de la politique de zaïrianisation des années 1970, seraient aujourd’hui abandonnés, sous-exploités ou plongés dans des conflits de gestion. Déjà en 2021, le sénateur avait alerté sur la nécessité d’établir un état des lieux complet de ces biens afin d’évaluer leur rentabilité et leur contribution réelle au Trésor public.
À travers cette initiative, Célestin Vunabandi entend obtenir des explications claires du gouvernement sur les mécanismes de gestion, les recettes générées ainsi que les procédures de récupération ou de réattribution des biens laissés à l’abandon. Selon lui, une meilleure valorisation de ce patrimoine pourrait contribuer à la relance économique du pays et à la réduction des tensions foncières observées dans plusieurs provinces, notamment au Nord-Kivu.
Cette interpellation intervient dans un contexte où le ministère des Finances, dirigé par Doudou Fwamba, multiplie les réformes visant à moderniser la gestion des finances publiques et à renforcer la transparence budgétaire. Plusieurs initiatives ont récemment été engagées par le gouvernement pour améliorer l’exécution des dépenses publiques et renforcer la discipline financière.
Cependant, pour le sénateur Vunabandi, ces réformes ne pourront produire des résultats concrets sans un strict respect des engagements constitutionnels envers les provinces et une gestion rigoureuse des ressources nationales. Son initiative relance ainsi le débat sur la gouvernance économique, la décentralisation financière et la protection du patrimoine public en RDC.
Daudi Amin