Le sénateur Célestin Vunabandi a vivement critiqué la gestion des finances publiques en République démocratique du Congo, accusant le gouvernement central de ne pas respecter les dispositions constitutionnelles relatives à la rétrocession des ressources aux provinces.
Lors d’une intervention au Sénat consacrée aux engagements financiers de l’État envers les provinces, l’élu a estimé que le non-respect de la retenue à la source des 40 % des recettes nationales destinées aux provinces constitue une « atteinte grave à la décentralisation » et une forme « d’inconstitutionnalité par abstention ».
Selon lui, malgré la croissance du budget national, passé d’environ 4 à près de 16 milliards de dollars en moins d’une décennie, les provinces restent confrontées à une insuffisance chronique de ressources, à des difficultés de fonctionnement et à des retards persistants dans le paiement des élus provinciaux et locaux.
Le sénateur a toutefois salué certaines réponses du ministre des Finances concernant la gestion des biens zaïrianisés, notamment l’existence d’une stratégie nationale de recouvrement des créances issues de la zaïrianisation. Il a néanmoins dénoncé des insuffisances en matière de transparence et de traçabilité des recettes générées par la réattribution de ces biens.
Dans une série de recommandations adressées au gouvernement, le sénateur Vunabandi a plaidé pour l’automatisation et la traçabilité des transferts financiers vers les provinces, la mise en œuvre effective de la Caisse nationale de péréquation, ainsi qu’une réforme structurelle de la gouvernance des finances publiques.
Il a également appelé à une assistance urgente en faveur des députés provinciaux déplacés par la guerre dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, rappelant que plusieurs élus attendent encore les aides humanitaires promises par le gouvernement.
« La décentralisation ne peut demeurer un simple principe théorique proclamé dans les textes, sans traduction financière réelle et effective », a conclu le sénateur, appelant le pouvoir central à restaurer « la crédibilité de l’État » et « la justice territoriale ».
Pacheco Kavundama