Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux suscite de nombreuses interrogations en RDC. On y voit une femme présentée comme Matilde ou Maguy Mayela, installée dans l’enceinte de la Cité de l’OUA et affirmant être l’épouse du président de la République, Félix Tshisekedi.
Assise au bord d’une installation, la femme affirme avec assurance être « chez elle » et refuse de quitter les lieux.
« Je suis la femme du président, où voulez-vous que j’aille dormir ? Je suis chez mon mari. S’il le faut, je vais dormir ici dehors », affirme la femme dans la vidéo.
La scène, filmée alors qu’elle est interrogée par des personnes présentes sur place, s’est rapidement propagée sur les réseaux sociaux.
Face à la diffusion massive de ces images, la Maison civile du Chef de l’État a publié ce 19 août un communiqué pour démentir catégoriquement les affirmations de cette femme.
Dans ce document signé par Maître Théo Baya, le service de communication de la Maison civile affirme que la personne présentée dans la vidéo est totalement inconnue de la famille présidentielle.
« La Maison civile tient à préciser que cette personne est totalement inconnue de la famille présidentielle et qu'elle n'a, à aucun moment, entretenu de lien avec le Chef de l'État, ni dans le passé ni actuellement », précise la Maison civile du chef de l'État.
Le communiqué indique par ailleurs que les informations recueillies auprès de la famille de l’intéressée feraient état d’une période de fragilité psychologique.
« Les informations prises auprès de sa famille indiquent qu'elle traverserait une période de fragilité psychologique », ajoute la Maison civile du chef de l'État.
La présidence met également en garde contre la diffusion de contenus présentant ces affirmations comme établies, estimant qu’ils pourraient porter atteinte à l’honneur et à la réputation du chef de l’État et de sa famille.
Selon les éléments rapportés autour de la scène, les services de sécurité auraient récupéré les téléphones de l’intéressée avant son interpellation.
Des sources sécuritaires évoquées dans les informations disponibles indiquent que son arrestation serait notamment liée au fait qu’elle aurait, par sa présence, mis en danger la sécurité du chef de l’État.
Toutefois, les circonstances précises de son entrée dans l’enceinte présidentielle restent à établir officiellement.
C’est précisément cette question qui alimente l’un des principaux débats suscités par l’affaire : comment cette femme a-t-elle pu accéder à la Cité de l’OUA ?
Réagissant à la vidéo, Christian Lumu, vice-président de la Ligue des jeunes de l’UDPS/Tshisekedi, affirme que les premiers éléments recueillis après l’interrogatoire de la femme permettraient de dresser un profil différent de celui qu’elle revendique dans la vidéo.
« Cette dame, prénommée Mathilde, aurait, selon les éléments communiqués après son interrogatoire, la nationalité britannique et serait d’origine congolaise », a déclaré Christian Lumu.
Le responsable de l’UDPS affirme également que les informations disponibles feraient état de fragilités psychologiques et de comportements similaires antérieurs.
Ces éléments restent toutefois des déclarations rapportées et ne constituent pas, à ce stade, une conclusion médicale ou judiciaire établie.
Au-delà de la véracité des affirmations de cette femme, l’affaire pose une autre série de questions : comment les images d’une scène impliquant une personne interpellée dans un site présidentiel ont-elles pu être filmées puis rapidement diffusées sur les réseaux sociaux ?
Et surtout : par quel dispositif cette personne a-t-elle pu atteindre un espace aussi sensible ?
La Maison civile demande pour sa part au public de faire preuve de discernement et de ne pas relayer des informations non vérifiées. Elle rappelle également que les auteurs et diffuseurs de fausses allégations susceptibles de porter atteinte à l’honneur du chef de l’État et de sa famille pourraient s’exposer aux sanctions prévues par la loi.
Pour l’heure, le démenti officiel établit clairement que la présidence ne reconnaît aucun lien entre cette femme et Félix Tshisekedi. En revanche, les circonstances exactes de son accès à la Cité de l’OUA, ainsi que les conditions dans lesquelles la vidéo a été enregistrée et diffusée, restent les principaux points qui mériteraient d’être éclaircis.
Diddy Mastaki