Le député national Berocan Keraure Nono a adressé, le 21 octobre 2026, une question d’actualité au ministre de l’Agriculture et Sécurité alimentaire sur la cherté des fruits dans les grandes villes de la République Démocratique du Congo. L’élu de Mahagi, dans la province de l’Ituri, s’interroge sur les difficultés qui empêchent le pays de valoriser pleinement son potentiel agricole pour approvisionner les marchés locaux.
Dans son document transmis au président de l’Assemblée nationale, le député cite notamment les oranges, les mangues, les bananes, les ananas, les papayes, les avocats et les pastèques parmi les fruits dont les prix deviennent difficilement accessibles à une partie de la population.
Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Matadi, Kolwezi, Bunia, Bukavu et Goma figurent parmi les agglomérations concernées par cette préoccupation. Selon l’élu, cette situation accentue les difficultés alimentaires des ménages, alors que la RDC dispose de terres arables et de conditions climatiques favorables à la production de nombreuses variétés de fruits.
La faiblesse de la filière fruitière mise en cause
Berocan Keraure Nono attribue cette situation à plusieurs facteurs, notamment l’absence de mesures d’encadrement adaptées à la filière fruitière, la dépendance aux importations et l’insuffisance des infrastructures de conservation et de transformation.
Il évoque également les pertes post-récolte, l’enclavement de certains bassins de production et la dégradation des routes de desserte agricole. À ces difficultés s’ajoutent, selon lui, les tracasseries administratives et financières sur les axes de transport, qui alourdissent les coûts supportés par les producteurs et les commerçants.
Face à ces constats, le député demande au ministre de présenter les causes précises de la pénurie récurrente et de la hausse des prix des fruits, telles qu’identifiées par les services de son ministère, ainsi que les solutions envisagées.
Un plan national pour développer l’arboriculture fruitière ?
L’élu de Mahagi veut également savoir si le Gouvernement dispose d’un plan national consacré à la promotion et au développement de l’arboriculture fruitière. Il demande, le cas échéant, d’en connaître les principales orientations techniques et financières. En l’absence d’un tel programme, il souhaite comprendre les raisons du retard dans son élaboration.
La question porte aussi sur les mesures destinées à améliorer la productivité des agriculteurs et des coopératives fruitières. Le député évoque notamment l’accès aux intrants de qualité, aux plants améliorés et aux crédits agricoles, afin d’accroître les rendements et de garantir un approvisionnement régulier des marchés urbains.
Il demande par ailleurs quels programmes de subventions et d’accompagnement sont prévus pour soutenir les producteurs locaux.
Conservation, transformation et transport au cœur des solutions
La création d’unités de conservation et de transformation dans les bassins de production constitue une autre préoccupation majeure. Berocan Keraure Nono souhaite connaître les mesures que le ministère compte prendre pour limiter les pertes post-récolte et permettre une meilleure valorisation des fruits produits localement.
Il appelle également à une action coordonnée entre les différents services concernés pour réduire les tracasseries administratives et routières qui entravent l’acheminement des produits vers les grandes villes.
L’objectif recherché est de diminuer les coûts de transport, de renforcer la compétitivité des fruits locaux face aux produits importés et d’améliorer leur disponibilité sur les marchés Congolais.
Le Gouvernement attendu sur des mesures concrètes
À travers cette question d’actualité, Berocan Keraure Nono soulève ainsi les enjeux de la production agricole, de la sécurité alimentaire, de la conservation des récoltes et de l’organisation des circuits de commercialisation.
Le document daté du 21 octobre 2026 ne contient pas encore les réponses du ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire. Les mesures effectivement prévues, les financements disponibles et le calendrier d’éventuels programmes restent donc à préciser par le Gouvernement.
Au-delà de la question des prix, l’interpellation pose celle de la capacité de la RDC à mieux valoriser sa production fruitière, à limiter les pertes après récolte et à garantir aux consommateurs un accès plus régulier à des fruits à des prix abordables.
Joël Heri Budjo