Les organisations humanitaires intensifient leurs interventions au Sud-Kivu pour soutenir la riposte contre la maladie à virus Ebola et répondre aux besoins croissants des populations affectées par l'insécurité et les déplacements massifs de population, selon les dernières données relayées par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).
L'extension de l'épidémie d'Ebola dans la zone de santé de Miti-Murhesa, au Sud-Kivu, suscite des inquiétudes dans un contexte marqué par la persistance des violences armées dans plusieurs territoires de la province, notamment à Fizi, Kalehe, Walungu, Uvira et Shabunda. Ces affrontements continuent de provoquer des déplacements de populations et d'aggraver les besoins humanitaires dans divers secteurs.
Face à cette situation, plusieurs organisations humanitaires ont poursuivi leurs activités de prise en charge sanitaire et nutritionnelle au cours du mois de mai.
Dans les zones de santé de Fizi et Nundu, en territoire de Fizi, l'organisation Première Urgence Internationale (PUI) a assuré l'approvisionnement des structures de santé en médicaments et intrants nutritionnels. Ses équipes ont réalisé 2 449 consultations médicales, accompagné 173 accouchements et organisé 101 transferts de patients vers les hôpitaux généraux de référence de Fizi et de Nundu.
L'organisation a également pris en charge 146 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère, dont 11 présentant des complications médicales. Huit survivantes de violences basées sur le genre ont bénéficié d'une assistance spécialisée, tandis que des activités de soutien psychosocial et de sensibilisation communautaire à la santé mentale ont été menées auprès des populations locales.
Dans le territoire de Walungu, l'organisation COSAMED, soutenue par le Fonds humanitaire en RDC, a fourni des soins de santé gratuits à 6 884 personnes dans plusieurs aires de santé. Les interventions ont porté sur la santé mentale, la santé reproductive, la prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre ainsi que le dépistage nutritionnel des enfants.
Selon les données disponibles, 395 accouchements assistés ont été réalisés et 432 enfants ont bénéficié d'un dépistage nutritionnel. Des cliniques mobiles ont également permis de soigner 646 patients dans des zones difficiles d'accès.
Dans le cadre spécifique de la lutte contre Ebola, l'organisation AIDES a renforcé les mesures de prévention dans les quatre ports de Bukavu. Les équipes ont installé des dispositifs de lavage des mains, assuré le contrôle de la température des voyageurs et diffusé des messages de sensibilisation sur les mesures préventives. Au total, environ 5 672 personnes ont été sensibilisées ou contrôlées lors de ces opérations.
De son côté, l'organisation ALIMA a fourni des soins médicaux à 9 002 patients dans plusieurs structures sanitaires des zones de santé de Kalehe et de Minova. Parmi eux figuraient 4 322 enfants âgés de moins de cinq ans.
L'organisation a également pris en charge 136 enfants souffrant de malnutrition dans des unités nutritionnelles thérapeutiques ambulatoires et a étendu ses interventions à de nouvelles structures sanitaires grâce au soutien du Fonds humanitaire en RDC.
Malgré ces efforts, les acteurs humanitaires soulignent que la combinaison de l'épidémie d'Ebola, de l'insécurité persistante et des déplacements de population continue de représenter un défi majeur pour l'accès aux soins et la protection des communautés affectées dans l'est de la République démocratique du Congo.
David Aluta