L’Ouganda a officiellement déclaré, ce mardi 28 juillet, la fin de l’épidémie de maladie à virus Ebola de 2026. L'annonce de la fin après 42 jours sans nouveau cas, relance les interrogations sur les différences de gestion de cette crise sanitaire entre Kampala et Kinshasa.
Alors que l'Ouganda a réussi à interrompre rapidement la chaîne de transmission, la République Démocratique du Congo continue de lutter contre une épidémie plus complexe, marquée par des défis sécuritaires, logistiques et sanitaires.
Selon les autorités Ougandaises, l'épidémie déclarée le 15 mai 2026 est principalement née de cas importés depuis la RDC. Sur les 20 cas confirmés enregistrés, 15 concernaient des personnes infectées sur le territoire Congolais et cinq étaient des agents de santé contaminés lors de la prise en charge de ces patients. Malgré cette situation, le pays a pu limiter la propagation du virus grâce à un dispositif de surveillance renforcé, un suivi rigoureux des contacts, des capacités accrues de diagnostic en laboratoire et des équipes d'intervention rapide déployées dès les premiers cas.
Le gouvernement Ougandais met également en avant les investissements réalisés depuis plusieurs années dans son système de santé. L'utilisation du séquençage génomique, le renforcement des laboratoires et une coordination efficace entre les différents services ont permis d'identifier rapidement les chaînes de transmission et de les interrompre avant qu'elles ne s'étendent.
En République Démocratique du Congo, la situation est sensiblement différente. L'épidémie s'est propagée dans plusieurs provinces et zones de santé, nécessitant une mobilisation de ressources humaines et matérielles beaucoup plus importante. Les équipes de riposte sont confrontées à l'insécurité dans certaines régions, aux déplacements des populations, aux difficultés d'accès à plusieurs localités ainsi qu'aux contraintes logistiques qui compliquent le dépistage, l'isolement des cas et le suivi des contacts.
Les experts estiment également que la taille du territoire Congolais, la mobilité des populations et les défis structurels du système de santé rendent la lutte contre Ebola plus complexe que dans un pays où le nombre de cas est resté limité. Ces différences de contexte empêchent toute comparaison simpliste entre les deux ripostes.
Pour autant, l'expérience Ougandaise offre plusieurs enseignements à la RDC. Le renforcement de la surveillance épidémiologique, l'investissement dans les laboratoires, l'amélioration de la coordination entre les différents acteurs de la riposte et la rapidité de la détection des cas figurent parmi les éléments qui pourraient contribuer à accélérer la maîtrise de l'épidémie sur le territoire Congolais.
Si l'Ouganda célèbre aujourd'hui la fin de son épidémie, les autorités de Kampala restent néanmoins en état d'alerte. La poursuite de la circulation du virus en RDC maintient un risque permanent de nouveaux cas importés. C'est dans cette logique que les deux pays ont renforcé leur coopération transfrontalière afin de limiter la propagation du virus dans la région.
La réussite de l'Ouganda ne doit donc pas être interprétée comme un échec automatique de la RDC. Elle met plutôt en évidence l'importance d'une riposte rapide, d'investissements durables dans le système de santé et d'une coopération régionale efficace face à une maladie qui ne connaît pas des frontières.
Joël Heri Budjo