Du 27 au 29 janvier 2025, la ville a été plongée dans une violence inédite, marquée par des combats intenses entre les forces gouvernementales et l’AFC/M23. Privée d’électricité, d’eau potable, de télécommunications, d’internet et de carburant, la population a vécu trois (03) jours de terreur et de chaos.
Selon les Nations-Unies, au moins 3 000 personnes ont perdu la vie lors de ces affrontements. Le gouvernement congolais évoque un bilan beaucoup plus lourd, avec 10 000 morts, tandis que l’AFC/M23 mentionne avoir enterré 874 corps, incluant à la fois ses combattants, ceux des FARDC et des civils touchés par des tirs perdus.
La situation a été aggravée par un incendie à la prison centrale de Goma (Munzenze), déclenché par des évadés. Plusieurs détenus, dont des femmes, n’ont pu s’échapper à cause des murs et barbelés, et ont péri dans le feu.
Parallèlement aux combats, la ville a été le théâtre de pillages massifs, impliquant des jeunes connus dans les quartiers. Des entrepôts de vivres, des centres de stockage de produits industriels, des supermarchés, des boutiques de téléphones et des magasins de motocyclettes ont été pris pour cible. Les pertes sont évaluées à plusieurs millions de dollars.
Parmi les sites touchés, on compte les entrepôts du Programme Alimentaire Mondial (PAM) à TMK et au marché Alanine, le centre logistique des FARDC à l’aéroport de Goma, ainsi que l’entreprise de vente de motos Haojue, qui a perdu plus de 900 motos, d’une valeur dépassant un million de dollars. Même les enseignes comme Kin_Marché ont été dévalisées. Seules les banques ont été épargnées.
Ce retour sur les trois jours de violences à Goma rappelle la fragilité de la sécurité urbaine dans l’Est de la RDC, ainsi que l’impact dévastateur des affrontements armés sur les populations civiles et les infrastructures économiques.
Diddy Mastaki