La situation sécuritaire demeure préoccupante dans le groupement Babila Teturi, en chefferie de Babila Babombi, territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri. Après la découverte, le 28 août 2026, d’un corps sans vie à Masenze, une nouvelle attaque attribuée à des éléments présumés ADF a été signalée dans le village de Mabakuha.
Selon Grâce Kakundo Kasamba, coordonnateur de la Nouvelle Société civile congolaise dans le groupement Babila Teturi, l’incursion signalée à Mabakuha aurait provoqué un mouvement de départ d’une partie de la population d’Amani. Des habitants quitteraient leur milieu de vie par crainte de voir l’insécurité s’étendre à leur zone. Cette situation contribue à renforcer le sentiment de peur et d’instabilité au sein des communautés locales.
La structure citoyenne appelle les autorités compétentes à renforcer les mesures de protection des civils dans les zones exposées. Elle plaide notamment pour une présence sécuritaire susceptible de prévenir de nouvelles attaques et de rassurer les populations qui vivent principalement de l’agriculture.
Par ailleurs, la Nouvelle Société civile congolaise attire l’attention des services chargés de la lutte contre la criminalité économique sur la situation particulière des cultivateurs du groupement Babila Teturi. Selon cette structure, certains agriculteurs feraient actuellement l’objet de pressions en raison de la détention, à leur domicile, de cacao non fermenté.
D’après les explications fournies par Grâce Kakundo Kasamba, dans les conditions habituelles, une grande partie des cultivateurs procède à la fermentation du cacao directement dans les champs. Toutefois, l’insécurité qui affecte actuellement certaines zones du groupement aurait contraint plusieurs agriculteurs à abandonner précipitamment leurs champs et à ramener leur production à domicile avant la fermentation, dans le souci de préserver leur vie et leurs biens.
La Nouvelle Société civile congolaise demande ainsi aux services concernés de tenir compte du contexte sécuritaire avant toute mesure à l’encontre des cultivateurs. Elle estime que les contraintes liées à l’insécurité doivent être prises en considération dans l’appréciation de la situation des producteurs qui ont été contraints de modifier leurs pratiques habituelles.
Dans le même temps, la structure citoyenne encourage la population à maintenir une collaboration étroite avec les FARDC et les autres services de sécurité, notamment en signalant tout mouvement ou toute information susceptible de contribuer à la prévention des attaques et à la protection des civils.
Alors que plusieurs communautés de cette partie du territoire de Mambasa restent confrontées à l’insécurité, la Nouvelle Société Civile Congolaise des Babila Teturi appelle à une action urgente des autorités compétentes afin de renforcer la protection des populations, prévenir de nouveaux déplacements et permettre aux habitants de poursuivre leurs activités dans des conditions plus sûres.
La rédaction présente les informations relatives à l’attaque de Mabakuha comme des faits rapportés par la Nouvelle Société Civile Congolaise et attribués à des éléments présumés ADF. Les circonstances exactes de l’incident et son bilan restent à confirmer auprès des autorités sécuritaires compétentes.
Joël Heri Budjo