Le Bureau Conjoint des Nations-Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) tire la sonnette d’alarme sur les violences sexuelles liées au conflit (VSLC) en République Démocratique du Congo.
Un communiqué rendu public ce mercredi 08 avril indique qu’au-delà des chiffres alarmants collectés en 2025, le BCNUDH alerte sur l'utilisation systématique du viol comme arme de guerre et l'émergence d'une génération d'enfants victimes de la stigmatisation.
Le Bureau Conjoint des Nations-Unies aux Droits de l’Homme note un bilan humain dévastateur en 2025, qui fait état de 887 cas de violences sexuelles ayant affecté 1. 534 victimes, dont une majorité écrasante de femmes (854) et de filles (672).
L'Est du pays demeure l'épicentre de cette tragédie, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu concentrant à eux seuls près de 80% des victimes documentées.
Le Bureau Conjoint des Nations-Unies aux Droits de l’Homme pointe du doigt les groupes armés comme responsables de 75% des victimes, avec le Mouvement du 23 mars (M23) en tête (439 victimes), suivi de groupes Wazalendo, de la Coopérative de Développement du Congo (CODECO), divers groupes Maï-Maï, des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) et des Forces Démocratiques Alliés (ADF).
Le BCNUDH note également avec préoccupation que les acteurs étatiques (FARDC, PNC, ANR) sont impliqués dans dix-neuf (19) % des cas documentés.
L'esclavage sexuel et le traumatisme des enfants nés du viol
Le rapport met en lumière des crimes atroces notamment, l’esclavage sexuel qui implique des femmes et filles maintenues en captivité prolongée, soumises à des viols répétés et des grossesses forcées.
Mais aussi des enfants nés de la violence sous contrainte, font face à un rejet familial, une absence d'état civil et un risque permanent de recrutement par les groupes armés.
« Si 70 % des victimes accèdent à des soins médicaux d'urgence, moins de 2 % bénéficient d'une prise en charge holistique (Juridique, psychologique et sociale). Ce fossé laisse des milliers de survivantes sans défense face à leurs traumatismes », s’inquiète le Bureau Conjoint des Nations-Unies aux Droits de l’Homme.
Le BCNUDH martèle que la lutte contre l'impunité ne peut plus attendre et appelle instamment les autorités nationales à accélérer les poursuites judiciaires contre les auteurs de crimes graves et à garantir l'enregistrement systématique à l'état civil de tous les enfants nés du viol pour briser le cycle de l'exclusion.
Les groupes armés à cesser immédiatement les hostilités, à libérer sans condition toutes les femmes et filles maintenues en captivité et à mettre fin à l'esclavage sexuel.
La communauté internationale à renforcer le soutien financier pour une prise en charge complète et durable des survivantes, qui dépasse le simple cadre de l'urgence médicale.
Rédaction