Le ministère Ougandais des collectivités locales a adressé, mardi 11 août 2026, une série de directives aux présidents des conseils locaux, maires et présidents des conseils municipaux afin de renforcer la transparence dans la gestion publique, la responsabilité des autorités locales et la discipline au sein des communautés.
La directive, signée par Barugahara Balaam Ateenyi, ministre chargé des collectivités locales, demande une mise en œuvre avec effet immédiat de plusieurs mesures.
Les médias autorisés à assister aux séances des conseils
Le ministère demande à tous les conseils locaux de permettre aux journalistes d'assister aux séances des conseils, à l'image de l'accès accordé aux médias aux travaux du parlement.
L'objectif affiché est de renforcer la transparence et la responsabilité publiques, tout en permettant aux citoyens de suivre les débats, les décisions et la conduite des affaires publiques dans leurs collectivités.
Les budgets devront être affichés publiquement
Autre mesure annoncée : les collectivités locales devront afficher leurs budgets approuvés sur les principaux panneaux d'affichage des conseils, ainsi que sur d'autres espaces accessibles au public.
Selon le ministère, cette mesure doit permettre aux citoyens de connaître les dépenses prévues dans leurs zones et de suivre l'exécution des projets et services publics.
Le gouvernement entend ainsi favoriser des « audits menés par les citoyens », ainsi que davantage de transparence et de responsabilité dans la gestion des ressources publiques.
Tolérance zéro pour la vente d'alcool aux moins de 18 ans
La directive met également l'accent sur la protection des mineurs. Les propriétaires de bars, magasins et établissements de vente d'alcool, notamment les « Malwa joints », qui vendent ou fournissent de l'alcool à des personnes âgées de moins de 18 ans devront être arrêtés et poursuivis conformément à la loi.
Les autorités locales et les services de sécurité sont appelés à appliquer strictement cette mesure. Les établissements qui récidivent devront faire l'objet de sanctions appropriées.
Le ministère demande également aux autorités locales de décourager la consommation d'alcool tôt le matin.
Dans cette logique, les bars, « Malwa joints » et autres établissements vendant de l'alcool ne devraient pas ouvrir avant 15 heures les jours ouvrables, sous réserve des lois nationales, des licences et des réglementations locales applicables.
Le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de lutter contre l'oisiveté, les problèmes familiaux et la criminalité qu'il associe à la consommation excessive d'alcool, tout en encourageant une population plus productive et responsable.
Les établissements qui refuseraient de manière répétée de respecter les horaires légalement imposés pourront être fermés et faire l'objet de mesures coercitives conformément à la loi.
Les collectivités locales sont par ailleurs appelées à réglementer les horaires d'ouverture des sociétés de paris dans leurs juridictions, conformément aux lois et règlements en vigueur.
Le ministère présente cette mesure comme un moyen de protéger les communautés, particulièrement les jeunes, contre les effets qu'il associe à une pratique excessive des paris.
Des équipes conjointes pour faire appliquer les mesures
Pour assurer l'application de ces directives, le ministère prévoit l'implication des services de sécurité, des agents chargés de l'application des règlements des conseils et des autres autorités compétentes.
Les responsables des collectivités locales sont appelés à prendre personnellement la tête de la mise en œuvre et à signaler les difficultés rencontrées par les voies officielles.
À travers ces directives, le ministère dit vouloir placer « les intérêts de la population en premier », tout en renforçant la transparence et la responsabilité dans les collectivités locales, en protégeant les enfants, en encourageant la productivité et en rétablissant la discipline au sein des communautés.
Diddy Mastaki