Le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a engagé une action disciplinaire contre le directeur général de l’Office Congolais de Contrôle (OCC) pour de présumées fautes de gestion lourdes, insubordination et mise en péril des intérêts de cet établissement public stratégique.
Dans cette lettre adressée au dirigeant de l’OCC, le ministre évoque des faits « d’une gravité exceptionnelle » qui traduiraient, selon lui, une volonté manifeste de s’affranchir des règles administratives, financières et éthiques régissant l’Office.
Parmi les griefs retenus figure une gestion jugée irresponsable des ressources humaines. Le ministre reproche au directeur général d’avoir procédé à des recrutements massifs et à des promotions de grade qualifiées de frauduleuses, alors que l’OCC fait face à des difficultés récurrentes pour payer les salaires de son personnel dans les délais légaux. Ces décisions auraient été prises en violation d’instructions formelles d’austérité émises par la tutelle, aggravant ainsi la masse salariale et fragilisant la paix sociale au sein de l’entreprise.
Le ministre fait également état de la mise en place d’un système informatique parallèle destiné à la gestion du contrôle des importations. Selon la correspondance, ce dispositif fonctionnerait en marge des protocoles officiels de l’OCC et serait particulièrement actif à la Direction provinciale de Matadi. Des informations concordantes évoquent par ailleurs son déploiement en cours dans l’espace Katanga, laissant craindre une extension de ce mécanisme à l’échelle nationale.
Cette administration informatique parallèle aurait favorisé, selon le ministre, l’utilisation frauduleuse d’attestations de vérification liées au programme BIVAC BV. Le préjudice financier direct pour l’OCC est estimé à plus de 25 millions de dollars américains pour le seul exercice 2025, un manque à gagner qualifié de « crime économique » contre l’Office et, au-delà, contre le Trésor public.
Dans sa lettre, Julien Paluku Kahongya enjoint le directeur général de l’OCC de fournir, dans un délai de vingt jours, des explications écrites et documentées sur plusieurs points, notamment la logique administrative ayant conduit aux recrutements contestés malgré une interdiction formelle datant de septembre 2025, l’identité des concepteurs et administrateurs du système informatique parallèle, ainsi que les causes de l’évaporation des recettes liées à environ 6 640 dossiers d’attestations de vérification, dont 87 % seraient concentrés à Matadi.
Soulignant l’urgence de préserver le patrimoine de l’État, le ministre conclut en exigeant des clarifications rapides sur l’ensemble des faits reprochés, affirmant agir au nom de l’intérêt public et de la bonne gouvernance des entreprises publiques.
Daudi Amin