En mission dans les zones touchées par l’épidémie d’Ebola en Ituri, la ministre d’État en charge des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale, Ève Bazaiba, a exprimé une vive émotion face à l’ampleur de la crise sanitaire, estimant que la situation « dépasse l’humain » au regard des pertes en vies et des souffrances des familles.
Au cours de sa visite sur le terrain, la ministre a indiqué avoir été profondément marquée par les réalités observées dans les structures de prise en charge et les communautés affectées.
« Je ne suis pas traumatisée, mais je suis profondément affectée par les statistiques des cas confirmés, des décès et des contacts », a-t-elle déclaré, rappelant que derrière chaque chiffre se trouve une vie humaine et une famille bouleversée.
Selon elle, la crise ne touche pas uniquement les patients, mais également les personnels de santé, les agents de terrain et même certains acteurs communautaires engagés dans la riposte, exposés directement au virus dans l’exercice de leurs fonctions.
La ministre d’État a souligné que cette situation renforce la responsabilité du gouvernement dans la coordination de la réponse humanitaire, notamment dans un contexte où plusieurs crises se superposent, allant des conflits armés aux catastrophes naturelles en passant par les épidémies récurrentes.
Elle a salué le travail des partenaires techniques et humanitaires présents sur le terrain, notamment les organisations internationales impliquées dans la réponse, estimant qu’elles jouent un rôle crucial dans la prise en charge des malades et le soutien psychosocial des familles.
Parmi les priorités évoquées figure la prise en charge des enfants dont les parents sont suspectés ou confirmés positifs à Ebola. La ministre a insisté sur la nécessité de renforcer les dispositifs d’accueil et d’encadrement, notamment à travers des familles nourricières et des équipes spécialisées dans l’accompagnement psychosocial.
« Il n’y a rien de pire qu’un parent malade qui s’inquiète du sort de ses enfants », a-t-elle souligné, appelant à humaniser davantage la réponse sanitaire.
Sur le plan de la prévention, Ève Bazaiba a exhorté la population à respecter strictement les mesures recommandées par les équipes de riposte, notamment l’hygiène des mains, la limitation des contacts physiques et la vigilance communautaire afin de réduire la propagation du virus.
Elle a également lancé un appel aux médias pour renforcer la sensibilisation et lutter contre la désinformation, qu’elle considère comme un obstacle majeur à l’efficacité de la riposte.
Concernant les défis logistiques, la ministre a évoqué la nécessité de renforcer les capacités locales en matière d’oxygène médical, de transport sanitaire et de suivi des contacts. Elle a plaidé pour la création d’unités de production locales afin de réduire la dépendance aux importations dans un contexte d’urgence sanitaire.
Elle a également insisté sur l’amélioration des conditions de travail des équipes de riposte, notamment en matière de motivation, de rémunération et d’accompagnement social, afin de garantir leur engagement durable sur le terrain.
La ministre d’État a réaffirmé l’engagement du gouvernement à soutenir la riposte en collaboration avec les partenaires nationaux et internationaux, tout en promettant de transmettre les doléances recueillies aux autorités compétentes.
Cette visite s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la réponse humanitaire face à une épidémie qui continue de fragiliser les communautés de l’Ituri et de mettre à rude épreuve le système de santé provincial.
Joel Heri Budjo