Au 33ᵉ jour de la riposte contre la maladie à virus Ebola (MVE) en République Démocratique du Congo, les autorités sanitaires annoncent 78 personnes guéries, un signal jugé encourageant dans un contexte où l’épidémie reste fortement concentrée en Ituri.
Selon les données présentées par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, l’épidémie déclarée le 15 mai 2026 a déjà enregistré 896 cas confirmés, dont 827 en Ituri, province considérée comme l’épicentre de la 17ᵉ flambée d’Ebola dans le pays.
Sur le plan sanitaire, 232 décès ont été notifiés, soit un taux de létalité estimé à environ 26 %, tandis que les 78 guérisons représentent une évolution positive dans la prise en charge des patients.
Le ministre de la Santé a indiqué que l’augmentation du nombre de cas confirmés ne doit pas être interprétée uniquement comme une aggravation de la situation, mais aussi comme le résultat du renforcement de la surveillance et de la recherche active des cas contacts sur le terrain.
Cette lecture est partagée par les partenaires techniques, notamment l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui estime que la progression des chiffres reflète une meilleure capacité du système sanitaire à détecter les cas dans les communautés.
Cependant, les autorités sanitaires reconnaissent que plusieurs défis persistent, notamment l’arrivée tardive de certains patients dans les structures de santé, ce qui réduit les chances de survie et favorise les décès communautaires.
Pour améliorer la réponse, le gouvernement congolais poursuit le déploiement de dispositifs de diagnostic rapide. Des laboratoires mobiles sont déjà opérationnels à Mongbwalu et Nyakunde, avec une extension prévue vers Aru, Kasenyi et Mahagi. L’objectif est de permettre une confirmation rapide des cas suspects et d’accélérer la prise en charge.
Par ailleurs, la riposte a été étendue à l’ensemble des 36 zones de santé de l’Ituri, bien que 20 zones soient déjà directement touchées par la maladie. Les autorités misent sur cette stratégie élargie pour contenir la propagation du virus.
Les équipes de santé publique réaffirment leur engagement à renforcer la surveillance épidémiologique, la prise en charge des malades, le suivi des contacts et la sensibilisation communautaire afin de freiner durablement la chaîne de transmission.
Dans ce contexte, les 78 guérisons enregistrées constituent un signal d’espoir, même si la situation reste jugée fragile et nécessite une vigilance constante.
Joel Heri Budjo