Un drame d’une ampleur exceptionnelle a frappé, cette semaine, la région de Rubaya, dans la partie Est de la République Démocratique du Congo, où l’effondrement d’une mine de coltan a causé la mort à plus de 200 personnes, selon des informations rapportées par l’agence Reuters, citant des sources locales.
L’accident s’est produit mercredi, dans une zone minière actuellement sous contrôle de la rébellion du M23. À ce stade, le bilan demeure provisoire, les opérations de recherche se poursuivant dans des conditions particulièrement difficiles. Vendredi soir, les autorités locales indiquaient que de nombreux corps restaient encore ensevelis sous les décombres.
D’après des responsables de l’administration locale affiliée au M23, les victimes sont majoritairement des creuseurs artisanaux, mais aussi des femmes commerçantes et des enfants qui se trouvaient sur le site au moment de l’éboulement. Plusieurs personnes ont pu être extraites vivantes, parfois de justesse, mais présentent des blessures graves. Une vingtaine de blessés seraient actuellement pris en charge dans des structures sanitaires de la zone.
La mine de Rubaya occupe une place stratégique dans l’économie mondiale des minerais. Elle représenterait environ 15 % de la production mondiale de coltan, une ressource essentielle à la fabrication du tantale, utilisé dans les téléphones portables, les ordinateurs, les équipements électroniques de pointe, ainsi que dans l’industrie aérospatiale et énergétique. L’exploitation y est largement artisanale, exposant les travailleurs à des risques élevés pour des revenus souvent dérisoires.
Les autorités locales attribuent l’accident à l’instabilité du sol, aggravée par les conditions climatiques actuelles.
« Nous sommes en pleine saison des pluies. Le sol est fragile et a cédé alors que les victimes se trouvaient à l’intérieur du puits », a expliqué le porte-parole du gouverneur parallèle du Nord-Kivu nommé par le M23.
Ce nouvel accident remet en lumière la dangerosité persistante de l’exploitation minière artisanale dans l’Est de la RDC, où l’absence de normes de sécurité, combinée à l’insécurité chronique, continue de coûter la vie à des centaines de civils chaque année.
Diddy Mastaki